Abbaye de Fontfroide

L'Abbaye de Fontfroide

L’abbaye de Fontfroide est une abbaye cistercienne située sur le territoire de la commune de Narbonne , dans le département de l'Aude en France. Initialement abbaye bénédictine (1093), elle est intégrée à l'ordre cistercien entre 1144 et 1145. Dans la seconde moitié du xiie siècle, elle reçoit d'importants dons en terres d'Ermengarde de Narbonne, puis au milieu du xiiie siècle, d'importants dons en terres et en nature d'Olivier de Termes qui lui permettent de réaliser de nouvelles constructions. Pendant la croisade des albigeois, elle fut le fer de lance de l'orthodoxie catholique. Au xive siècle, l'un de ses abbés, Jacques Fournier, est élu pape sous le nom de Benoît XII. L'abbaye est classée à partir de 1862 au titre des monuments historiques. Aujourd'hui, l'abbaye de Fontfroide est membre de la Charte des abbayes et sites cisterciens d'Europe.

Abbaye de Fontfroide.

Histoire de l'Abbaye de Fonfroide

Le vicomte de Narbonne, Aymeric Ier, autorise une communauté de moines à se constituer sur ses terres de Fontfroide. L'abbaye est située dans le massif des Corbières, près d'un torrent. C'est à cette source d'eau fraîche (fons frigida) qu'elle doit son nom. Les armes de l'abbaye représentent d'ailleurs une fontaine.

Au xiie siècle, l'abbaye de Fontfroide s'est trouvée aux avant-postes dans la lutte contre l'hérésie cathare. En 1203, le moine de Fontfroide Pierre de Castelnau fut nommé légat pontifical par le pape Innocent III. Dans la seconde moitié du Olivier de Termes désireux de réparer les torts qu'il avait commis envers l'Église catholique. Il finance notamment la chapelle des Morts.

La tour de l'Abbaye de Fontfroide

Le cloitre de l'Abbaye de Fontfroide

Dans la ruelle des convers une porte de ferronnerie fait passer au cloître lumineux. La lumière y est diffusée par des arcatures et des oculis. Cette cour intérieure est le cœur même de l’abbaye. C’est par la galerie ouest longeant le bâtiment des convers qu’on aborde cet espace clos enserrant un petit jardin.

L’arc brisé ouvrant la première travée découvre la perspective des massifs fleuris qui entourent le puits devant l’angle des grandes arcades dominées par le clocher. Deux périodes de construction et deux styles différents se sont succédé ici.

Un premier cloître, bâti de la fin du xiiie siècle, fut élevé selon les règles de l’art roman. L’ensemble des parties basses, notamment la double procession des colonnettes et leurs chapiteaux à décor de feuillages supportant des petits arcs plein cintre, appartient à cette époque, mais c’est alors une charpente de bois avec son toit en appentis qui couvrait les quatre galeries.

Dans la seconde moitié du xiiie siècle, quand Fontfroide, riche de multiples donations, entame le temps de sa plus grande prospérité, un important remaniement est réalisé suivant le goût et les techniques nouvelles, celles de l’âge gothique. Dans chaque travée, les colonnettes romanes, toujours en place, sont désormais surmontées d’un haut tympan, percé d’oculi différemment répartis et qui s’inscrit lui-même dans un profond arc brisé. L’ancienne couverture de bois est remplacée par la pierre et, à l’intérieur des galeries, les voûtes d’ogives retombent le long des murs sur d’élégants culots, à deux mètres du sol. Il faut encore parcourir la galerie sud pour atteindre le portail donnant accès à l’église abbatiale.

Les jardins de l'Abbaye de Fontfroide

Abbaye de Fontfroide

L'église Abbatiale

La construction de la nef fut entreprise dès l’affiliation à Cîteaux en 1145 ou, au plus tard, après la donation définitive par la vicomtesse Ermengarde de Narbonne en 1157. Contrairement aux usages, on commença les travaux par la nef. Rythmée par cinq travées, la nef élève jusqu’à vingt mètres sa voûte en berceau brisé que soutiennent de massifs doubleaux rectangulaires. Ces arcs prennent appui sur des colonnes géminées, engagées dans de gros piliers carrés et s’arrêtant sur des consoles en quart de rond, à deux mètres du sol. Des stalles sont disposées de part et d’autre de la nef pour constituer le chœur des moines.

Cette nef contient également deux collatéraux dont la voûte en demi-berceau monte à quatorze mètres. Ils communiquent avec la nef par de grandes arcades, à rouleaux soutenus par des colonnes engagées dans les piliers et reposant sur des piédestaux, à la même hauteur que les consoles de la nef. Dans le collatéral sud s’ouvrent cinq chapelles qui datent très certainement du xve siècle.

La route des Abbayes